lundi 17 octobre 2016

Je suis une merde et je compte bien le rester, Rebecca Niazi-Shahabi

Résumé :

Cet anti-manuel de développement personnel est une critique en règle du principe même de ce type de conseils. L’auteure s’y insurge contre l’obligation qui nous est faite de nous améliorer constamment. Ne serait-il pas plus raisonnable d’admettre qu’il est difficile, voire impossible de changer véritablement, et ne vaudrait-il pas mieux renoncer ainsi à des ambitions hors de notre portée et qui rendent tout épanouissement impossible ? À quoi bon accumuler les bonnes résolutions suivies d’échecs – arrêter de fumer, se mettre au régime, faire du sport, apprendre une langue étrangère, se mettre à la poterie ?... Est-ce vraiment la clé du bonheur ?
  

Avis :

À contre-courant de la tendance actuelle qui promeut le développement personnel à outrance (vous avez forcément déjà lu ou entendu la phrase « je veux devenir la meilleure version de moi-même » répétée à l’envi, telle un mantra ou une formule magique), Rebecca Niazi-Shahabi nous expose dans cet essai un véritable plaidoyer en faveur de nos imperfections. Stop aux diktats de l’amélioration perpétuelle, soyez qui vous êtes vraiment et non la personne idéalisée parfois sans âme et malheureuse qui essaye d’obéir à la tendance générale.

L’auteur reprend ici certains grands thèmes chers aux magazines et autres guides en tous genres comme la culture, le sport, le poids ou l’amélioration perpétuelle des connaissances et démontre que parfois le mieux est l’ennemi du bien. En effet, l’auteur pointe du doigt le malaise latent à vouloir atteindre la perfection sans jamais y arriver. Serai-je plus heureuse en connaissant la langue des signes et en perdant 10 kilos ? Serai-je plus épanouie en me levant chaque matin 45 minutes plus tôt pour faire mon miracle morning ? Serai-je plus aimée au travail si je suis plus organisée et efficace ? La réponse n’est pas vraiment un grand oui, vous vous en doutez bien, l’auteur nous explique en quoi cette course effrénée à l’optimisation de notre personne s’avère en fait néfaste.

Le propos n’est pas ici d’encourager le lecteur à rester planter dans son fauteuil à ne rien faire pour s’améliorer, non, il s’agit davantage d’apprendre à s’accepter tel que nous sommes, avec nos qualités et nos défauts, à rester raisonnables dans nos objectifs (un bon objectif doit rester réaliste et atteignable, sinon il est contre-productif). Les gourous du développement personnel ne vous veulent, et ne vous font, pas que du bien, entamez d’abord le dialogue avec vous-même avant de vouloir changer à tout prix, c’est en somme le message de Rebecca Niazi-Shahabi, et j’adhère complètement.


2 commentaires:

  1. Du bon sens tout simplement, et tous ces gourous du développement personnel à outrance peuvent en effet avoir un effet très néfaste et culpabilisant.

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