Merci d'avoir survécu, Henri Borlant

Résumé :

Juillet 1942. À la veille de la rafle du Vel' d'hiv', Henri Borlant et sa famille vivent depuis trois ans dans une bourgade près d'Angers. Émigrés russes d'origine juive, les parents sont avant tout des français, naturalisés par décret peu avant la naissance d'Henri. Le père est tailleur. Ils ont neuf enfants. À la rentrée scolaire ces derniers sont inscrits d'office à l'école libre où ils reçoivent l'enseignement catholique.  À la demande de l'abbé qui leur fait la classe, ils sont baptisés. A 13 ans, Henri devient catholique pratiquant. Le 15 juillet 1942 des soldats allemands l'arrêtent, lui, son père, son frère 17 ans et sa sœur 21 ans. Ils sont déportés directement d'Angers au camp d'Auschwitz Birkenau. Henri ne les reverra jamais. Il survit 28 mois à la faim, au froid, aux coups, aux humiliations, à la tuberculose, aux massacres quotidiens et aux fréquentes sélections pour la chambre à gaz. Fin octobre 1944 le camp est évacué vers l'Allemagne à l'approche de l'armée soviétique. D'Ohrdruf, qui dépend de Buchenwald, Henri réussit à s'évader à la veille de l'arrivée des Américains. 15 jours plus tard, il est à Paris où il retrouve sa mère et cinq de ses frères et sœurs. A 18 ans, il surmonte tous les obstacles et démarre ses études secondaires. Deux ans et demi plus tard il obtient son bac et entre à la faculté de médecine. Installé comme généraliste à Paris depuis 1958, il rechute de la tuberculose en 1974. Un long traitement induira un état dépressif. Il entreprend une psychanalyse. En 1992 on lui demande pour la première fois de témoigner. Depuis il n'a plus cessé de le faire publiquement, aussi bien en France qu'à l'étranger.
 

Avis :

Bien sûr, chacun de nous connaît les atrocités de la seconde guerre mondiale, la Shoah, l’enfer des camps. Ce n’est pas en cela que réside le principal intérêt de Merci d’avoir survécu.
Le témoignage de Henri Borlant, c’est l’horreur de la guerre à travers les yeux d’un enfant, qui au lieu d’avoir la vie devant de lui ne voyait que la désolation et la mort autour de lui, avec comme seul objectif de voir le lendemain, d’être toujours en vie le surlendemain.
L’incompréhension face à cette injuste discrimination qu’il subit, la peur de perdre les siens, la résignation, la lutte pour la survie, Henri Borlant aborde ces différents thèmes avec pudeur, en gardant ses yeux d’enfant.
Mais c’est aussi l’après, le retour à la vie « normale », avec les séquelles de ce qu’il a vécu, ses peurs et ses rancunes. Car survivre aux camps laisse des traces, et seuls peu de gens sont en mesure de l’aider à cette époque. 

Plein de force et d’espoir, parfois dur, mais avec une grande humilité, Henri Borlant raconte son histoire, pour que nous n’oubliions pas l’Histoire.

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