mardi 9 avril 2013

Putain, Nelly Arcan


Résumé :

Cachée derrière les rideaux de sa chambre, une prostituée patiente entre deux clients. L’attente se nourrit du souvenir : une famille dévote, une mère absente et un père distrait. Et parfois la jouissance éprouvée avec ces hommes auxquels elle fait l’amour, ces hommes qu’elle déteste peut-être autant qu’elle-même. Un récit obsessionnel qui ressemble à un exorcisme désespéré pour se maintenir en vie.


Avis :


Bon, à la base je n’aurais jamais lu ce livre s’il n’avait été mis en avant par ma bibliothèque dans le cadre de la semaine du témoignage et de l’autobiographie. Si ma biblio met en avant un livre dont le titre est Putain, c’est qu’il doit être bien ce livre, non ? Donc, confiante, je mets ledit livre dans mon sac et rentre chez moi le cœur léger.

Je commence le livre, et déjà très rapidement je sens que ça ne va pas le faire. Pour moi le mot « putain » n’est pas péjoratif, c’est un mot que j’utilise quarante fois par jour pour tout et rien, ça fait un peu partie de ma culture et je ne me reconnais pas dans la hargne qu’elle met dedans. L’auteur est une prostipute qui va déverser sa haine envers sa mère, envers les hommes qui la payent et qui pourraient être son père, envers les kilomètres de queues qu’elle s’est envoyées (la classe à Dallas), envers la société… Bon, et alors ?! Alors rien. Notre prostipute se complaît dans son autoapitoiement. J’attendais une étincelle, le récit d’une lutte pour s’en sortir, peut-être d’un échec, ou une réflexion sur sa condition, la peur qui l’étreint chaque jour, mais non, rien ne vient sinon les mêmes jérémiades qui tournent en boucle. Si bien que je me suis rapidement désintéressée d’elle et que son sort m’est complètement indifférent. Elle n’aura jamais su me toucher, et jamais je ne pourrais plaindre quelqu’un comme ça.
La morale de cette histoire ? La bibliothèque a le droit de se tromper aussi, et ne propose pas que des ouvrages de qualité…

2 commentaires:

  1. Au moins ça a le mérite d'être clair... ! A quoi bon s'il n'y a pas la moindre envie de vivre chez cette femme ?

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    1. Au final c'est aussi ce que je me suis demandé. En même temps ça lui a peut-être fait du bien de pouvoir mettre des mots sur sa haine et sa rancœur, mais bon le lecteur n'a pas vocation à être l'exutoire des névroses des auteurs...

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