jeudi 20 mars 2014

Duras, Beauvoir, Colette - Trois filles et leurs mères, Sophie Carquain

Résumé :

Trois femmes, trois destins, trois romans...
Trois femmes. Nées au tournant du siècle, entre 1873 et 1914, Colette, Simone de Beauvoir, et Marguerite Duras ont un point commun : celui d'avoir une hyper-mère, qu'elle soit fusionnelle (comme Sido), autoritaire (comme Françoise de Beauvoir) ou ambivalente (chez Duras).
Trois destins. Sophie Carquain fait revivre les trois monstres sacrés dans leurs décors : l'exotisme de l'Indochine des années 20 chez Duras, la bourgeoisie du début de siècle chez Beauvoir, la Bourgogne pour Colette. Et raconte comment elles ont construit leur univers et pris la plume pour se distancer de « Big Mother ». Pour exister.
Trois romans. Dans ce superbe triptyque, Sophie Carquain écrit le roman de ces trois femmes. - trois romans reliés par un subtil jeu de correspondances - et explore la complexité de la plus belle relation qui soit : celle qui unit une fille et sa mère.
Une biographie romancée qui mêle la fiction à l'analyse.


Avis :

À coup sûr, je n’aurais jamais lu ce livre si je n’avais pas été lectrice Charleston. Pourtant j’aime les biographies romancées, mais je pensais suffisamment bien connaître Colette, Beauvoir ne m’a jamais vraiment intéressée et de Duras je ne garde que le souvenir d’une vieille femme à lunettes carrées et col roulé qui m’a toujours intriguée et effrayée à la fois. Au final, grâce à Sophie Carquain, j’ai appris beaucoup de choses et fait une belle découverte. Le prisme de la relation à la mère utilisé par l’auteur, ainsi que le côté romancé, permet de les aborder d’une autre manière, plus intimiste. Si Colette m’a toujours semblé familière, j’ai eu l’impression de mieux connaître Beauvoir et de rentrer dans la vie de Duras. Découpé en trois parties, chacune dédiée à l’une de ces femmes d’exception, Trois filles et leurs mères offre aussi au lecteur de superbes photographies de famille, dont celle de Marguerite Duras et sa mère qui est juste sublime et touchante à mes yeux. Mais, à travers ces trois histoires, la lectrice ne manquera pas de revenir sur sa propre histoire, ou comment le caractère d’une mère influence notre vie d’adulte, mais aussi sur le rapport avec sa (ses) propre(s) fille(s). En cela le livre est assez anxiogène : suis-je une bonne mère, quelle image je renvoie, comment ma fille va se construire / s’est construite par rapport à cela. Là n’est certes pas le propos de l’ouvrage, mais la question ne manquera pas d’être soulevée lors de la lecture.
Amateurs de biographies, de littérature ou admirateurs de femme d’exception, cet ouvrage saura vous toucher, j’espère, comme je l’ai été. Et maintenant, j’ai terriblement envie de lire Un barrage contre le Pacifique, dont il est souvent question dans la partie consacrée à Marguerite Duras.




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