vendredi 27 février 2015

Drek Carter T1 - Cupidon mortel, Thomas Andrew

Résumé :

« J’ai eu beau tourner plusieurs fois la question dans tous les sens, je ne vois pas comment vous l’annoncer donc je ne vais pas y aller par quatre chemins : je suis un fantôme. Oui, c’est cela, un Casper qui hante les rues de New York.
Comment en suis-je arrivé là ? Eh bien, si une sombre histoire de meurtres, de sorciers, de vampires et de loups-garous ne vous effraie pas, laissez-moi vous raconter.
Tout commence le 14 février. Ironique, non ?
Le jour de ma mort.
Sérieusement… Qui parle de repos éternel ? Certainement pas moi ! »


Avis :

Drek Carter est médecin légiste à New York. Alors qu’un tueur en série se distingue en arrachant le cœur de ses victimes, le jeune homme va trouver la mort et revenir hanter sa ville. Devenu un fantôme, il va prendre conscience de la dimension surnaturelle du monde qu’il croyait si normal. Entre la recherche d’une bague permettant de contenir les instincts d’un loup-garou à l’approche de la pleine lune et sa quête pour passer « de l’autre côté », Drek a de quoi occuper son temps libre !

De l’urban fantasy écrite par un homme ? Immédiatement je pense à Jim Butcher ou Simon R. Green dont je suis fan et je me réjouis d’en lire. Mais Drek Carter n’est pas Harry Dresden ni John Taylor.
Dès les premières pages, le lecteur se rend compte que Drek Carter est un Gary Stu geignard, bavard et autocentré. Le premier quart du roman est consacré à sa personne, ses habitudes, sa vie, son œuvre, avec moult détails et anecdotes qui ne font pas avancer l’intrigue (c’est pas tout ça, mais il y a un tueur qui sème des cadavres avec le cœur arraché, peu importe que le personnage principal applique son gel avant son déo ou l’inverse). Bref, l’enquête est diluée dans ce bavardage incessant au cours duquel Drek Carter accumule les clichés avec condescendance, voire mépris. Enfin, vient la mort du personnage et on pénètre dans la dimension surnaturelle du roman. Hélas, Thomas Andrew superpose diverses mythologies piochées ici et là sans réussir à en faire un ensemble cohérent. Le résultat est assez indigeste (trop de termes à assimiler en même temps que de trop nombreux personnages) et fouillis. Ce côté brouillon se retrouve d’ailleurs dans l’histoire : proposer plusieurs intrigues secondaires qui finissent par se rejoindre est assez courant, mais ici la technique n’est pas maîtrisée et les différents axes de l’histoire sont déséquilibrés, rendant l’ensemble bancal. La plume de l’auteur n’aide pas à fluidifier l’ensemble, beaucoup de lourdeurs et de fautes de syntaxe (c’est d’ailleurs assez ironique quand on apprend que l’un des passe-temps du personnage principal est de traquer les fautes de syntaxe de son chef), de nombreuses fautes d’accord ainsi que trop de références à la culture pop. Celles-ci peuvent être sympas, mais c’est comme la sécu, en abuser : ça craint. Et de ce côté, Thomas Andrew ne recule devant rien, du légiste surnommé Bones à Mlle Lane, la journaliste du New York Times. L’auteur a voulu jouer aussi sur le registre de l’humour, mais visiblement nous n’avons pas le même, d’autant que le sien tire à de nombreuses reprises vers la méchanceté gratuite et la misogynie.

Bref, il n'y a pas grand-chose à garder dans ce Cupidon mortel, à part peut-être la couverture. Au final, l’aventure proposée par Thomas Andrew s’est terminée comme celle de son célèbre presque homonyme, par un naufrage. Et c’est dans ces moments-là qu’on est content d’avoir gagné le livre et de ne pas avoir dépensé une partie de son budget lecture dedans…

14 commentaires:

  1. Le résumé me paraissait déjà légèrement tiré par les cheveux mais quand je lis ton avis je suis vaccinée !

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    1. Tu as raison, passe ton chemin pour celui-ci ;)

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  2. Ton commentaire me fait penser à ce que j'avais ressenti en lisant le premier tome de "La fille du soleil noir"... je vais passer mon chemin aussi! (t'es pratique, toi, quand même)

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    1. Oui, à défaut d'être décorative j'essaye d'être utile ;)

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    2. Ouais, encore faut-il que je m'en souvienne ^^" Je devrais les noter en fait, je serais capable de l'acheter dans quelques mois "par hasard" en me disant que ça a l'air bien... -_-

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    3. Tu es mon poisson rouge préféré ^^

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  3. Et puis, tant que tu n'oublies pas le Sunyday, c'est le principal ^^

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  4. Bonjour,
    Mince, je ne comprends pas, j'ai adoré les références populaires, l'humour (méchanceté gratuite ? Où ?) et j'ai trouvé l'intrigue sympa.
    Pourtant, on a les mêmes goûts (ahhhh Dresden, je suis amoureuse!). En plus, c'est la première chronique aussi noire que je lis sur ce livre, les autres étaient enthousiastes.
    Je n'ai pas vu le côté geignard, méprisant, condescendant, autocentré, bavard, cliché, incohérent, indigeste, fouillis, bancal, lourd, plein de fautes, craignos, méchant et misogyne. (Ça fait beaucoup, non ?)
    Les fautes, c'est possible, mais ça dépend surtout des corrections de l'éditeur, c'est dommage de blâmer l'auteur pour ça en plus de toutes les autres critiques. Pour le reste, surtout l'humour, je pense que ça dépend des sensibilités. J'étais morte de rire en lisant les conversations avec le libraire, surtout que j'adore Rebecca Kean.

    J'ai lu les deux premiers chapitres gratuits avant de l'acheter. Je vous conseille de faire pareil, peut-être que ça vous parlera plus qu'un long blabla. Après tout, tous les lecteurs ne sont pas sensibles à la même chose (la preuve ^^) et je trouve que c'est assez original pour en valoir le détour, surtout que c'est un auteur français.

    Bonne journée!

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    1. La richesse est dans la diversité :)

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  5. Ton commentaire et ta critique ne représentent pas le moins du monde de ce que j ai pu ressentir! Le tome 1, est pleins d humour, pleins de références qui pour certains lecteurs sont plaisantes a lire! Sûrement une simplicité qui enleve le côté pompeux que peuvent avoir certains auteurs!
    Ceci étant dit, j ai adoré, l humour, l histoire, le héros et les personnages! J ai été tenue en haleine tout le long du livre et chaque chapitre m appelait a lire le suivant afin de me plonger dans les aventures!
    N ayant pas l habitude de ce genre de lecture, les différents termes employés n était en rien gênant ni le fouillis!
    Je pense que nous n avons pas la même définition du fouillis!

    Je ne suis pas mécontente d avoir investi de l argent! Au moins j apporte ma petite contribution un auteur qui débute et qui je trouve a toutes les cartes en mains pour progresser! Je pense qu effectivement passer sa route, n est pas une critique constructive!
    Je compte sur toi pour être rendez vous au tome 2! Moi j y serai sur ce je te souhaite une bonne nuit!

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    1. Chacun ses goûts, tant lieux si tu as trouvé ton compte dans ce livre, ce n'est pas mon cas. Bonne journée.

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