mercredi 7 octobre 2015

L'éducation de Stony Mayhall, Daryl Gregory

Résumé :

En 1968, peu après le premier « incident zombie » jugulé par les autorités américaines, y compris du point de vue de la communication (un « incident » ayant malgré tout provoqué 70000 morts), Wanda Mayhall, jeune infirmière mère de trois filles en bas âge, découvre le corps d'une adolescente lors d'une tempête de neige. Serré dans les bras morts de la jeune femme, emmitouflé dans quelques hardes : un nouveau-né froid comme la pierre. Il ne respire pas ; son pouls est introuvable. Mais ses yeux sont ouverts. Des yeux qui suivent les mouvements de Wanda... Soudain, le bébé se met à bouger.
La famille recueille alors le nourrisson, qu'elle nomme Stony, tout en taisant cette découverte aux autorités. C'est alors qu'en dépit de toute attente, cet enfant qui ne respire pas, ne mange pas et semble insensible à la douleur physique, commence à grandir. Ainsi débute une existence cachée, secrète, faite de non-dits mais aussi de découvertes pour un Stony bientôt adolescent dans la ferme familiale. Jusqu'à cette nuit terrifiante au cours de laquelle il lui faut fuir pour sa vie, abandonnant tout ceux qu'il aime, une nuit au sortir de laquelle lui sera révélée la nature de sa condition, et aussi, surtout, une réalité cruciale : il n'est pas seul...



Avis :


Je ne sais pas si c’est la mode actuelle ou si c’est l’enchaînement hasardeux de mes lectures qui me donne cette impression, mais que sont devenus les hordes affamées bouffeuses de cerveaux ? Le zombie réfléchirait, serait même plutôt sympa à la base, ses instincts meurtriers n’étant qu’une réponse aux mauvais traitements infligés par les vivants manquant singulièrement de compassion envers leurs ex compagnons devenus un peu moins frais. L’homme est un loup pour l’homme (et surtout pour la femme, cc Dirty Dancing) mais aussi pour les zombies, tel est le message véhiculé par, entre autre, L’éducation de Stony Mayhall. Daryl Gregory déplace ainsi notre échelle de valeur et la recentre sur le mort-vivant, un homme comme les autres ou presque, avec qui on peut vivre en bonne intelligence. Et, justement, d’intelligence ce livre n’en manque pas, même si le côté moralisateur et un brin gentillet n’est pas vraiment ma tasse de thé. Un zombie heureux, bien élevé, pouvant jouer et s’épanouir ne serait pas une menace, mais les préjugés des hommes en font une victime et une arme qui se retourne contre son tortionnaire. Entendons-nous bien, j’ai trouvé le roman très bon, agréable à lire et tout, mais, je dois l’avouer, on peut me parler de tolérance tant qu’on veut, je suis bouchée à l’émeri quand il s’agit de considérer les morts-vivants autrement que comme une menace. Élevée avec Romero, baignée par Robert Kirkman et traumatisée par Danny Boyle, mon cerveau (que je souhaite garder intact, merci) ne peut intégrer le message de paix véhiculé par le livre. Je suis profondément convaincue du manque d’humanité de notre société, que c’est de la peur de l’autre que naissent les plus grandes guerres, mais j’ai les fils qui se touchent quand l’autre en question ne respire plus. Sinon, plus sérieusement, le roman est intéressant et très bien écrit, la vision de Daryl Gregory est originale (même s’il y a des questions soulevées qui ne trouveront jamais de réponse), mais je ne suis pas trop cliente (au cas où vous n’auriez pas compris).




6 commentaires:

  1. J'avoue que le zombie terrifiant n'est plus ce qu'il était si on regarde plusieurs livres du genre, mais celui-ci me tente bien quand même :)

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    1. Je suis restée assez tradi en ce qui concerne les zombies, j'avoue :)

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  2. Il n'empêche que je suis toujours curieuse :) (il me fait penser à Celle qui a tous les dons de Carey). Mais j'avoue que j'ai aussi un net penchant pour le zombie traditionnel (celui qui ne court pas, d'ailleurs)

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    1. Celle qui a tous les dons est dans ma wish list, je suis curieuse aussi :)

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    2. Je rapprocherais plus L'éducation de Stony Mayhall de J'ai cuisiné mon père, ma mère et retrouvé l'amour. En ce qui concerne la place du zombie dans la société. L'humour en moins, le développement politique en plus.

      Pour celle qui a tous les dons, sans faire de spoile, il est un peu plus traditionnel dans le zombie en lui même. Mais c'est tout de même bien différent, et il court, et et et, non mais sérieux faut le lire les filles vous ne serait pas déçues.

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    3. Tu viens me tenter, déjà que je ne suis pas très résistante à la tentation livresque...

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