jeudi 22 octobre 2015

N'oublie pas mon petit soulier, Gabriel Katz

Résumé :

Benjamin Varenne, un beau gosse acteur raté ou plutôt qui n’a pas encore percé, enchaîne les castings foireux et les jobs alimentaires. Pendant la période des fêtes, il fait office de Père Noël au Printemps. Débarque une petite bombe aux longs cheveux, encadrée de deux gardes du corps. Elle minaude ouvertement et exige un selfie avec le Père Noël.



Avis :

Et hop, encore un résumé éditeur charcuté par mes soins pour ne pas spoiler l’histoire. Bref, Benjamin est donc un acteur raté qui a une fâcheuse tendance a toujours prendre les mauvaises décisions. Coincé dans un costume de Père Noël qui gratte, faute de vrai rôle de comédien (faut bien manger), cerné par une bande de mouflets vagissants, son radar à filles va repérer Victoire, la petite bombe du résumé. Sachez juste que la petite bombe est une source inépuisable d’emmerdes et que Benjamin va se retrouver dedans jusqu’au cou.

« La dernière fois que j’ai réussi quelque chose, c’était le montage d’une armoire Ikea, et encore, je crois bien que j’ai mis les caches à l’envers. Pour le reste, je galère, comme tous les comédiens – un peu plus, même, puisque je n’ai jamais cumulé assez d’heures pour décrocher mon statut d’intermittent. Jamais. »

Victoire est riche, lui joue un Pretty Woman inversé, ils finissent dans le même lit, bref, « ce rêve bleu, je n’y crois pas, c’est merveilleux ». Sauf que non, ce n’est finalement pas merveilleux du tout et la vie morne et triste de Benjamin va prendre des couleurs, et pas qu’un peu.

On sort complètement du registre fantasy auquel Gabriel Katz nous avait habitués. L’auteur signe ici une comédie policière enlevée dans laquelle on retrouve néanmoins sa plume caractéristique. Le héros multiplie les problèmes, fait les mauvais choix, tout va de mal en pis, parfois c’est un peu gros, mais, comme on dit, plus c’est gros, plus ça passe. Le rythme est tel que le lecteur ne s’arrête pas à la surenchère d’embrouilles, il poursuit sa lecture, avide de savoir comment tout cela va se terminer. Nous avons dans le roman une belle galerie de personnages plus déjantés les uns que les autres, qui servent parfaitement cette histoire.

« Dans sa robe de chambre molletonnée, les cheveux en bataille, traînant ses savates sur le parquet jonché de bouteilles vides, ma mère a un côté reportage sur les pays de l’Est. Ces pays dont le nom se termine par « stan », où des alcoolos en jogging t’expliquent que sous l’URSS, on crevait la dalle, mais que c’était mieux quand même. »

Le style et l’humour grinçant de Gabriel Katz font merveille, tout comme sa maîtrise de son récit. L’auteur balade le lecteur en même temps que le personnage principal, le menant par le bout du nez du début à la fin. Car oui, la fin est tout sauf ce que l’on peut imaginer, pour notre plus grand plaisir.

« Il faut bien reconnaître que chaque fois que ce gorille me prédit une catastrophe, elle a lieu. S’il n’avait pas déjà un surnom, je l’appellerais Cassandre. »

Si vous aimez les intrigues policières un brin rocambolesques, glousser (peut-être que vous faites ça plus élégamment, mais moi je glousse) pendant votre lecture, et vous en prendre plein les yeux, n’hésitez pas, ce livre est pour vous !


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