lundi 29 février 2016

Avis - Les Décharnés : Une lueur au crépuscule, Paul Clément

Résumé :

"Une journée de juin comme une autre en Provence. Blessé à la cheville, Patrick, un agriculteur de la région, asocial et vieillissant, ne souhaite qu'une chose : se remettre au plus vite pour retrouver la monotonie de sa vie, rythmée par un travail acharné.
Mais le monde bascule dans l'horreur lorsque les automobilistes, coincés dans un embouteillage non loin de chez lui, se transforment soudain en fous assoiffés de sang... de sang humain. S'il veut survivre, Patrick doit non seulement faire face à ces démons qui frappent à sa porte mais aussi à ceux, plus sournois, qui l'assaillent intérieurement. Et si cette petite fille, qu'il prend sous son aile, parvenait à le ramener, lui, vieux loup solitaire, dans le monde des vivants ?"


Avis :

Pour commencer, un grand merci à Paul Clément qui m’a proposé de lire Les Décharnés. J’avais un peu la pression, je dois l’avouer.

L’histoire commence donc par une chaude journée en Provence. Patrick, agriculteur cynique et asocial regarde l’embouteillage formé sur la route qu’il voit depuis chez lui. Et puis, tout dérape. Les automobilistes s’enfuient, poursuivis par d’autres qui n’ont de cesse de dévorer les premiers. Le nombre de vivants s’amenuise tandis que les morts vivants sont de plus en plus nombreux. Patrick n’a qu’une idée, sauver sa peau, jusqu’à ce qu’une petite fille soit en danger…

L’auteur prend ici le pari de situer son roman en Provence, on entend presque les cigales derrière les râles des zombies. Le personnage principal, Patrick, n’attire pas la sympathie de prime abord, aigri et égocentrique, on se demande jusqu’où il va aller pour survivre, avant qu’une petite fille fasse craquer sa carapace. À compter de ce moment, les cartes sont redistribuées et le lecteur se prend d’affection pour ce couple improbable qui va tenter de survivre aux évènements qui les dépassent. L’auteur connaît bien les codes du genre (et pour cause, je vous renvoie sur My Zombie Culture) et les réutilise à sa sauce dans ce roman zombiesque très réussi. L’horreur ambiante va permettre la rédemption du personnage principal au fil des épreuves qu’il va traverser. Et de ce côté, Paul Clément s’est fait plaisir, outre le gore inhérent aux zombies, il décrit aussi une violence humaine à la limite du supportable. Le lecteur traverse toute une palette d’émotions qui vont de l’attendrissement à la tristesse en passant par la peur. La narration est nerveuse et sans temps mort, la plume de l’auteur fluide, on ne s’ennuie pas un moment. Le résultat est captivant et n’a rien à envier aux maîtres du genre outre Atlantique. Mon petit cœur (oui, j’en ai un) de lectrice en a pris un coup, mais je vous invite à découvrir ce roman qui se dévore d’une traite.




4 commentaires:

  1. Merci beaucoup pour cette très belle critique ! Je suis très content que le roman t'ait plu. Merci encore d'avoir accepté de me lire.

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    1. Un grand merci à toi de me l'avoir proposé ! Et re-merci pour ce très bon moment passé à le lire :)

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  2. J'ai aussi beaucoup aimé le livre mais je ne suis pas aussi enthousiaste que toi (ça se lit que tu l'es vraiment) . En commençant par les points positifs, je reconnais que Paul Clément maîtrise bien les codes du genre puisqu'on y retrouve tous les ingrédients propres aux films de zombies : calfeutrage, fuite, rencontre avec d'autres survivants, razzia dans les maisons et supermarchés ... Les humains peuvent être plus dangereux que les zombies et ce n'est pas un scoop. A ce sujet, chapeau ! On a l'impression de se retrouver plongé dans l'univers de Romero et The Walking Dead (je suis fan) et aussi, de regarder un film d'horreur. Les scènes défilent sous nos yeux et la plume "scénaristique" de l'auteur m'a donné la sensation de regarder un bon film de zombies. J'ai adoré le personnage de Patrick, et encore plus la relation qui l'unit à Emma. Tu expliques que la narration est nerveuse, sans temps morts mais je ne suis pas d'accord. Au contraire, j'ai trouvé le rythme assez lent mais c'est tout à fait normal. C'est propre à la culture zombies. Qu'est-ce que j'ai moins aimé dans le livre ? Je n'ai pas eu l'impression que l'action se déroulait en Provence. La première de couverture mettait l'accent là-dessus alors que franchement, ça ne m'aurait pas étonné si elle avait eu lieu dans une autre région de France (il peut aussi faire chaud en Alsace l'été). Je regrette surtout de ne pas avoir eu plus d'explications sur les raisons pour lesquelles les hommes deviennent des zombies (même s'il est vrai que c'est la même chose dans l'immense majorité des films). Sinon, j'ai dévoré le livre et hâte de me plonger dans le prochain roman de Paul Clément.

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    1. C'est vrai qu'on a rarement l'explication du pourquoi du comment de l'épidémie. Au début ça me frustrait un peu, maintenant je m'y suis faite. Pour la Provence, je trouve que le début pose bien les choses, j'entendais les cigales sous les hurlements ^^ Après on perd un peu ce côté au profit de l'action et à vrai dire, perso, que ça se passe en Provence, à New York ou Kigali, je ne suis pas très attachée aux lieux en fait :)

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