mercredi 10 février 2016

Fêlures, Rozenn Illiano

Résumé :

Ce n’est pas tant la nostalgie qui guide ces mots, mais bien quelque chose qui s’apparente plus à une blessure ancienne, de celles qui s’imposent à vous dès que le temps change, qui font vriller vos os sous l’humidité de l’air ou la tension des tempêtes. Je crois que c’est pour cela que je guette, à la fin de l’été, le moment où les journées raccourcissent. Parce que le jour se couche tôt, parce que la nuit s’empare du paysage alors que le soir n’a pas encore sonné. Un rythme d’ailleurs, un rythme d’autrefois posé sur les méridiens du Pacifique. Si j’attends la venue de l’automne et la promesse de l’hiver, c’est pour rejeter en bloc la chaleur et le soleil. Pour noyer dans le froid ces souvenirs doux-amers de jour mourant, de montagnes baignées d’orage. — La Boussole

Huit nouvelles parcourues de failles et de rêves sans issue, d’inévitables séparations et de retrouvailles au pied des tombes.



Avis :

Complètement séduite par Le rêve du Prunellier, c’est avec plaisir que je me suis replongée dans l’univers de Rozenn illiano avec Fêlures. Ce nouveau recueil est composé pour partie de nouvelles, retravaillées, issues du précédent et de nouveaux textes disponibles sur le site de l’auteur.

Fêlures s’ouvre sur Échos du froid, un texte que j’avais toujours bien en mémoire (sous le titre Dies Irae) et qui immerge le lecteur dès les premiers mots dans l’univers onirique et poétique de l’auteur, une très bonne entrée en matière. Viennent ensuite deux nouvelles, Poe et Le corbeau et l’écrivain, hommage à Edgar Poe, celles qui m’ont sans doute le moins touchée, je préfère l’auteur dans des textes plus personnels. Amélia des Tours est pour moi la nouvelle la plus étrange, celle qu’on n’attend pas. Les quatre derniers textes sont ceux que je préfère. Trois composent le cycle de L’attrape-rêves, des textes qui vous bouleversent et vous prennent aux tripes, avec en final La Boussole qui sera sans doute mon coup de cœur. Enfin, l’auteur termine avec Souvenirs d’encre, un superbe texte empreint de mélancolie et de poésie, mais très accessible.

La plume de Rozenn Illiano est envoûtante, elle pourrait réécrire l’annuaire que j’y trouverais sans doute mon compte. Elle sait mêler espoir et désespoir dans un ensemble délicat, et tisse ses histoires comme d’autres des toiles. Si vous ne connaissez pas son univers, ce serait vraiment dommage de ne pas y faire une incursion.




2 commentaires:

  1. Huhu, réécrire l'annuaire, voilà un challenge ;) J'ai beaucoup aimé ce recueil moi aussi.

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    1. D'ailleurs je le demande si l’annuaire papier existe toujours...

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