vendredi 15 juillet 2016

Miss Dumplin, Julie Murphy

Résumé :

Willowdeen ne s'est jamais préoccupée de son corps. Oui, elle est ronde, et alors ? Comme elle le dit toujours, un corps parfait pour la plage, c'est son corps dans un bikini, pas besoin d'être super slim pour s'assumer. Jusqu'au jour où elle se retrouve à travailler au fast-food du coin et qu'elle rencontre Bo, qui porte un peu trop bien son nom. Et autant Will n'est pas du tout surprise de le trouver attirant, autant elle est sous le choc lorsqu'il lui vole un baiser. Mais au lieu de se sentir pousser des ailes, Will commence à douter. Comment peut-il l'aimer quand le monde entier dit que les filles comme elle doivent être cantonnées aux seconds rôles ?
Peut-être ne s'assume-t-elle pas tant que ça au final ? Un seul moyen de retrouver confiance en elle : faire la chose la plus inimaginable qui soit... s'inscrire au concours de beauté local présidé par sa propre mère, ex-miss au corps filiforme. Entraînant dans son sillage tout un groupe de candidates faites pour tout sauf défiler, Will va montrer au monde, et surtout à elle-même, qu'elle aussi a sa place sous les projecteurs.


Avis :

Willowdean a seize ans, une meilleure amie, Ellen, et des kilos en trop qu’elle assume plutôt bien. Entre une mère ancienne reine de beauté qui désespère de la voir maigrir, une tante, qu’elle adorait, récemment décédée à cause de son obésité, la jeune fille essaye de trouver sa place et ses repères, ce qu’elle pensait plutôt bien réussir à gérer avant que Bo, un collègue de travail, ne vienne tout bouleverser.

Ce livre fait beaucoup parler de lui en ce moment, j’avais envie de le lire mais j’étais aussi pleine d’appréhension. Je ressors de ma lecture ravie, ce n’est pas un coup de cœur, mais pas loin, Willowdean a su me séduire à mon tour.

Mais revenons sur l’histoire de cette jeune fille taille XL. D’abord, reconnaissons que ça change des histoires où l’héroïne est, au choix, soit la bombasse du lycée, soit le vilain canard qui cache un magnifique cygne qui devient la bombasse adjointe. Ici, Willowdean n’entre pas dans les canons de beauté habituels, elle est grosse (ça y est, le gros mot est lâché, vous pouvez de nouveau respirer) et vraiment grosse, pas dans le genre qui ne rentre pas dans un 36 mais glisse dans du 38. Non, elle dépasse le 44. En principe, ce genre de personnage est cantonné à la rigolote bonne copine du bouquin, mais là elle en est le point central. L’histoire en elle-même est assez classique, on y retrouve même un triangle amoureux, c’est dire, mais c’est le point de vue de la jeune fille qui change tout. Est-elle assez bien pour qu’on l’aime ? Entre différence et mésestime de soi, on retrouve ici des thèmes actuels dont, enfin, le background est crédible (parce que la mésestime de soi quand on a 2 kilos de trop, c’est un peu prendre le lecteur pour un con). Willowdean est une battante attachante et le lecteur a envie de la voir réussir à changer le regard des autres, mais aussi le regard qu’elle porte sur elle-même. L’idée du concours de beauté est un peu cliché mais fonctionne bien, même si finalement le plus important n’est pas là. La narration est fluide, très juste dans l’émotion sans tomber dans le pathos ni la moralisation (ce qui aurait ruiné l’impact du propos). Le lecteur passe un bon moment, le livre fait réfléchir, que l’on soit dans le cas de Willowdean ou pas, en étant un joli plaidoyer pour la tolérance et le droit à la différence. Un exercice périlleux, mais ici tout à fait réussi.




2 commentaires:

  1. On sent à travers tes mots que tu as été ravie par ta lecture. Le triangle amoureux est un détail de la vie de l'héroïne ou l'autrice y consacre-t-elle beaucoup de temps ?

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    1. Ça fait partie de l'histoire, mais c'est presque accessoire ;)

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