jeudi 9 mars 2017

Chanson douce, Leïla Slimani

Résumé :

Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d'un cabinet d'avocats, le couple se met à la recherche d'une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l'affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu'au drame.


Avis :

Ça faisait bien longtemps que je n’avais pas tenté la lecture d’un Goncourt, lassée de lire des livres au mieux qui ne me plaisaient pas, au pire qui pour moi n’étaient que le fruit de masturbation intellectuelle de bobos sous acide. J’ai décidé de tenter l’aventure avec le livre de Leïla Slimani, et j’ai beaucoup aimé. Pour être honnête, ce n’est pas tant l’histoire qui m’a convaincue que la plume de l’auteur et son habileté à créer une ambiance malaisante (néologisme djeuns qui me semble refléter tout à fait mon ressenti).

Chanson douce c’est l’histoire d’un couple dont la femme veut retourner travailler après avoir élevé ses deux enfants pendant quelques années. Se pose alors le problème de la garde et c’est Louise qui remporte la mise. Nounou idéale, le lecteur s’interroge sur sa relation avec les faits décrits dans le prologue (dont je ne vous ai rien dit, suspense inside). Alors, pour comprendre le pourquoi du comment, le lecteur tourne frénétiquement les pages et remonte le fil de l’histoire. Leïla Slimani pose un regard amer sur notre société, le télescopage entre cette famille aisée et leur nounou en situation de précarité, sur le naufrage d’une femme en détresse, sur ce couple qui ne veut pas voir et se persuade que leur nounou est parfaite et seulement très dévouée. L’intrigue en elle-même ne casse pas trois pattes à un canard, seul l’étude psychosociologique vaut le détour. Mais, comme je le disais plus haut, c’est l’ambiance qui fait tout l’intérêt de ce roman. La tension monte peu à peu et le malaise s’installe, plus dense que le brouillard à Londres. Le lecteur entre dans la tête de Louise et comprend sa logique implacable, même si elle est horrible, est en fait très limpide au final. Leïla Slimani réussit ainsi un bel exercice que j’ai beaucoup apprécié. Un livre qui sort des sentiers battus et que je vous conseille.

2 commentaires:

  1. Après des tas d'avis négatifs récemment, je suis contente de relire un avis positif : moi aussi j'avais bien aimé ce roman, 4/5, comme toi <3
    Des bisous
    Cajou

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    1. Après je peux comprendre que les gens n'aiment pas le malaise qui est présent et croissant au fil des pages, ça peut rebuter.
      Bisous

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