dimanche 5 mars 2017

Halte à la dictature du bien-être et du bonheur

Déjà, j'avais du mal avec la campagne "5 fruits et légumes par jour", j'ai toujours soigneusement évité le site mangerbouger.fr, j'avais envie de faire bouffer à Baloo sa chanson Il en faut peu pour être heureux et quand on me demandait "t'arrêtes quand de fumer ?" je répondais par "quand t'arrêteras de faire chier le monde", ce qui, souvent, mettait fin à la discussion.

Depuis, j'ai mûri, je suis devenue une personne raisonnable et je mange un kiwi chaque matin pour me donner bonne conscience, j'ai arrêté de fumer (pour faire des économies en théorie, mais dans les faits j'ai reporté cette manne financière inespérée dans mon budget livres, v'là les économies), mais je pète toujours les dents du premier qui me sort "t'as tout pour être heureuse" (et je déteste toujours autant Le livre de la jungle, Mowgli me donne des envie de maltraitance sur mineur de moins de quinze ans).

Mais là, trop c'est trop (et non, y'a pas Tropico). Je ne sais pas si vous avez été dans n'importe quelle librairie ou maison de la presse, mais le nombre de bouquins et magazines sur le développement personnel devient hallucinant, un peu comme si être heureux devenait une espèce de norme sociale vers laquelle il faudrait absolument tendre. Il y en a tellement que ça m'agresse la rétine. Et comme j'ai une petite tendance à être contrariante, ça me donne envie de plonger dans un cynisme sans limite, et franchement, faudrait pas trop me pousser, cynisme est mon deuxième prénom.

Non, sérieusement, j'ai rien contre le bonheur, au contraire, j'ai envie d'être heureuse, je m'en donne les moyens, du moins j'essaye, j'ai même mis le nez dans des bouquins de développement personnel. Je n'ai jamais vraiment adhéré, mais j'ai tenté. Bref, le bonheur c'est un peu le but de tout le monde je pense, regardez François Fillon, son grand bonheur serait l'Elysée, il lâche pas le morceau le gars tellement il veut être heureux ! Ah merde, là je suis cynique, c'est pas bon pour mon karma bonheur… Moi ce qui me gêne, c'est ce marketing du bonheur qui fait limite culpabiliser les gens normaux. Depuis que ces livres fleurissent, combien de personnes font un retour sur leur propre vie et la trouvent nulle ? Franchement, vous croyez vraiment que le bonheur s'apprend ? Qu'il suffit d'appliquer à la lettre les préceptes des gourous du bien-être pour se sentir mieux et optimiser sa vie ?

Ces bouquins ont toujours existé et je n'ai rien à dire dessus, chacun va y chercher ce dont il a besoin. Ce qui me gonfle, c'est cette espèce de dictature, ces murs de livres oppressants qui sont sortis de leur rayon spécialisé pour investir l'allée centrale de la Fnac ou les têtes de gondole chez Carrefour ou ces magazines qui vous promettent monts et merveilles sur papier glacé, et les espoirs déçus des lecteurs et lectrices qui n'y trouvent pas leur compte.

Perso, je ne crois pas au bonheur en tant qu'état permanent. La vie est composées de bonheurs (oui, au pluriel), avec ses moment de tristesse, ses malheurs, ses grandes joies. La vie quoi. Le bonheur H24, 7/7, c'est une illusion, un concept qui crée de la frustration dans la "vraie vie". Alors, soyez heureux à votre manière et lâchez prise, et là vous serez heureux J


Quant à moi, je vais aller torturer 2-3 chatons, j'ai trop parlé de bonheur, il faut que je rétablisse mon équilibre karmique personnel ^^

9 commentaires:

  1. Nan pas les chatons !!! Je suis d'accord avec toi. Et puis je préfère un instant de bonheur en refermant un livre qu'un état constant de bonheur qu'il est impossible d'atteindre.
    Et laisse les chatons tranquille !

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    1. Juste un chaton alors ? Steuplé steuplé steuplé ?!

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    2. Tu touches pas au chaton. T'as pas des enfants à martyriser plutôt ?

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  2. Mdr, ou comment les gens ne lisent absolument pas ce que j'écris en fait...

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  3. Par définition le bonheur n'est pas un état permanent sinon on ne s'en rend pas compte. Comme on a assez peu de raisons de se plaindre dans nos sociétés occidentales, on trouve des prétextes pour (tiens d'ailleurs la preuve ce billet)(pardon c'était pour rire) mais du coup on devient malheureux et on sait pas trop bien pourquoi, parce qu'on n'est jamais content mais qu'en fait il n'y a pas vraiment de raison. Du coup le marketing primaire fait que les étals de librairie se remplissent de ce type d'ouvrages. C'était ma théorie à deux balles merci d'avoir lu ce tissu de non sens :D
    Je me demande si se tourner vers la philosophie n'est pas plus sain que d’enchaîner les livres de dév perso. Car pour finir la démarche derrière cette quête de bonheur est une quête de sens de la vie, qui est la question à laquelle la philo essaie de répondre mais de façon moins pragmatique. J'avais lu Sénèque dans un moment difficile pour moi et j'avais été sciée que ce dont il parlait était encore tout à fait d'actualité de nos jours. Il parlait même de l'accumulation de bouquins qu'on n'a pas le temps de lire ! Un visionnaire ce type: il avait compris le concept de pile à lire avant que cela devienne un phénomène de mode.

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    1. Oui je te rejoins pour la philosophie comme béquille dans la vie. D'ailleurs c'est bien dommage que ce ne soit étudié qu'en terminale et parfois juste survolé ou abordé de manière grandiloquente, ce qui décourage nombre de personne de se tourner vers elle plus tard.

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    2. De fait j'avais détesté les cours de philo au lycée. Mais bon quand on essaie de t'apprendre Kant à 17 ans, par un prof incapable de vulgariser son cours :/ Par contre l'air de rien, j'ai vu les philosophes antiques au cours de Latin, en les traduisant et c'était mon cours préféré.

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