mercredi 4 février 2015

Tu-es-à-moi-tu-m-appartiens, ou comment certaines romances s'asseyent sur 50 ans de féminisme...



« Toi Jane, moi Tarzan, toi être à moi » *avance en traînant Jane par les cheveux*.
Pas terrible comme vision du couple, mais heureusement, ça, c’était avant. Ou pas.

Eh oui, ça ne vous aura pas échappé si vous en lisez, dans certaines romances à mâle alpha, la femme appartient à l’homme. Alors, ok, ça peut être séduisant. « Tu m’appartiens maintenant » a un petit côté sexy-graaouuuuu, c’est pas faux. Il l’aime, il la veut rien que pour lui, c’est beau l’amouuuuuuuur. Sauf que répéter « tu es à moi » toutes les trois pages, ça devient un peu flippant à mon goût. Parce qu’au final, soyons clair, la femme n’est pas un vêtement ou une voiture, la seule personne à qui elle appartient, c’est elle-même. Alors, je veux bien que le mâle alpha soit possessif, mais il y a des limites. Genre débouler en furie chaque fois qu’un autre mâle adresse la parole à sa chérie : « excusez-moi mademoiselle, c’est bien l’arrêt pour le bus 112 ? / Dégage elle m’appartient je suis à deux doigts de te mettre mon poing dans la tronche », je trouve ça plus flippant que sexy en fait. Dans la vraie vie, vous voudriez vivre avec un psychopathe en puissance qui feule dès qu’un autre homme vous approche à moins de deux mètres ? En tout cas pas moi. Et le lire dans un roman à longueur de pages, je trouve ça dérangeant, surtout dans les romances contemporaines. On peut exprimer l’amour et l’attachement autrement (sauf dans Le guerrier Castien ou les romances Néandertaliennes, je vous l’accorde). Enfin je crois, j’espère.

N’empêche, à force de lire ce genre de choses dans de nombreux romans, on peut se demander ce qu’est devenu le girl power. Suis-je la seule à ne vouloir appartenir à personne d'autre que moi ? Que font les Spice Girls ?


La prochaine fois, nous reviendrons sur les vierges étroites et les verges-gourdins, ou comment les auteurs de romance érotique essayent, métaphoriquement parlant, de nous convaincre qu’une Billy Ikéa peut rentrer dans une Smart.

28 commentaires:

  1. Ta conclusion est de toute beauté ^^

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    1. Or plaisanterie je suis tout à fait d'accord avec toi. C'est pour ça que je lis de moi même assez peu de romance. C'est toujours le même mécanisme avec un héros qui va la jouer homme des cavernes...ce qui me saoule un peu.

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    2. J'en lis pas mal et je dois souvent passer outre les choses qui me gênent. Mais parfois c'est vraiment trop !

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  2. Excellent billet et je partage tout à fait ta vision des choses ;-)

    Sinon pour les Spice Girls, on peut prendre la relève si tu veux, Tan est partante, elle répète les choré ;-)

    Némésis, if you wanna be my lover!

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    1. Ah non, tu seras sur scène avec nous!

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    2. Non, vraiment, je préfère vous laisser la vedette ^^

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  3. Je ne lis pas de romance pour ça. Je n'arrive vraiment et sincèrement pas à comprendre comment on peut autant aimer un genre où 90% des récits s'avèrent sexistes. J'ai testé, une fois ou deux, lu des chroniques dithyrambiques sur un roman qui m'a épouvantée.
    Et ce que je trouve dangereux, c'est qu'avec la YA/NA on va avoir beaucoup d'ado qui lisent des bouquins avec ce genre de rapports hommes/femmes. Ou comment grandir avec l'image "être une femme objet soumise c'est trooooop romantique". Argh. En plus ce sont des femmes qui écrivent ça la plupart du temps -_-

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    1. Je suis d'accord sur l'image de la femme pour les ados, c'est pas très glorieux...

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  4. C'est une des raisons pour lesquelles j'ai beaucoup de mal à lire de la romance. On commence souvent avec une héroïne prétendument intelligente et autonome et on termine avec une godiche soumise. C'est beau l'amour fou...

    Cela mis à part, j'admire toujours autant ton sens des comparaisons. Tu devrais écrire de la romance.

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  5. Moi ce qui m'horrifie, c'est que la plupart des lectrices de romances contemporaines (ou historiques) sont complètement fan de ces histoires... dans lesquelles la femme est mise plus bas que terre et perd tous ces neurones dès qu'un homme entre dans son champ de vision (d'ailleurs ils sont souvent deux, ils sont beaux comme des dieux et ils se battent pour elle). Le pire, c'est qu'on nous vend ces héroïnes comme des femmes dans l'ère du temps, indépendantes, working girls mais dès que le mâle arrive, pouf, une potiche (et parfois c'est encore pire car les héroïnes sont un peu neuneu, boulettes, qui se pètent la gueule toutes les deux secondes, ne savent pas aligner deux mots...)...

    Et comme dit Lelf, le pire, c'est que ce sont des femmes qui écrivent ça la plupart du temps ! -_-

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    1. Je pense que c'est le mythe du Prince Charmant qui vient sauver sa belle qui reste profondément ancré dans la façon d'envisager la romance...

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  6. ça fait beaucoup de "pire" dans mon commentaire. Mais c'est vraiment le pire !

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  7. Je suis comme toi. Je ne lisais plus de romance depuis plus de 10 ans (chik-lit mis à part mais ça c'est-pas-pareil), et j'en ai relu quelques unes dernièrement. Du coup, je me suis souvenu pourquoi je n'en lisais plus. Les schémas sont les mêmes et les questions existentielle genre "mais pourquoi mon cœur bat si vite alors que je ne le connais que depuis 2 mm ?" Euuhhhh ma chérie, faut pas confondre palpitation du cœur et affolement de la petite culotte (parce que ça ça nous arrive toutes en 2mm). Et ce qui me gave encore plus c'est quand elles se pâment toutes les demies pages en ajoutant qu'il est sexy.
    Perso je crois que mon égo ne passerait plus les portes si un mec comme Dredi (oui soyons folles) jetais son dévolu sur moi, mais de là a en oublié mon individualisme, p'tête pas nan !

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    1. Si Dredi me disait que je lui appartiens je crois que j’acquiescerais frénétiquement entre deux filets de bave ^^

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  8. Pour avoir pointé de nombreuses fois ce genre de détails dans mes billets, je ne peux qu'être d'accord avec toi, surtout dans les romances érotiques.
    Après, je trouve quand même dommage de faire l'amalgame avec toutes les romances.
    Me semble pas que toutes les romances YA, NA, contemporaines et historiques contiennent les "wet, tight, mine"...
    Ou alors, je ne les vois même plus, alors que j'en lis beaucoup.

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    1. C'est bien pour ça que j'ai précisé "certaines" romances ;)

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  9. Je partage ton avis. Je ne lis plus de chick-lit depuis plusieurs années. Quant à la romance, j'ai vraiment du mal à m'identifier aux personnages en action. Dans de nombreuses relations fictionnelles, on assiste à un rapport de force entre dominant et dominé où l'argent et le pouvoir ont toujours leur place (tous les personnages trouvent cela normal et justifié). Mieux encore, chaque romance débute par un fort désir sexuel et transformant la personne en objet de tous les fantasmes. A croire que la base d'un couple repose sur l'entente et l'appétit sexuel avant tout le reste. Cela dit, on a quand même évolué. Dans les années 90, la brune était toujours la salope qui voulait faire du mal à la gentille blonde. Car oui la brune était carriériste, sans coeur et obsédée par l'homme de la blonde, qui fatalement tombait sous le charme de cette dernière. Combien de dessins animés et de films ont cédé à cette facilité.

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    1. Certaines sont plus subtiles, mais quand on tombe dans le cliché ça fait mal.

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  10. Excellente conclusion ! J'ai tellement rit ! Merci :)

    Ton billet est très juste, je lis rarement des romances mais c'est vrai que quand je vois que ce genre de choses est répété inlassablement, ça m'agace ! Quand c'est une ou deux histoires, passons mais j'ai l'impression que c'est une "constante" qui sort de plus en plus du placard, surtout dernièrement...
    En fin de compte on n'a pas évolué tant que ça depuis la jeune fille en détresse et le prince charmant... ^^

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    1. Je viens de tomber sur cet article de Despentes : http://www.lesnouvellesnews.fr/index.php/chroniques-articles-section/chroniques/4193-la-femme-et-le-grand-ecran

      Je ne sais pas si tu l'as déjà lu mais, même s'il n'y est pas question de romance, la thématique reste la même : la femme est une gourde qui ne devient intéressante que dans son rapport à l'homme.

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    2. Merci pour le lien, je vais lire ça de ce pas :)

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  11. Je me joins aux autres pour applaudir la conclusion, elle fait du bien par où elle passe (à condition de ne pas être en train de boire un jus d'orange au moment où on la lit).
    Pour le reste, je suis plutôt d'accord. Les molles du cerveau qui se laissent dominer par leur mâle, ça gave... par contre, quand c'est des relations réciproques, j'aime plutôt bien le principe du "tu m'appartiens"... à condition évidemment qu'il n'y ait pas que ça dans l'histoire...
    Pour Despentes, dans tous ses écrits ou quasi, cette thématique de l'homme vs la femme revient très souvent, et de manière extrêmement juste. Et brusque. J'aime cette femme. Je voudrais qu'elle m'appartienne :D

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    1. Tu n'as pas craché ton jus d'orange quand même ?

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  12. Je plussoie totalement aussi. :) En tant que personne ne supportant pas la possessivité (déjà, être amoureux de quelqu'un, c'est se donner à cette personne et non pas l'inverse, pour moi), j'ai vraiment beaucoup de mal avec cette répétition de schémas, en tout cas.
    Valéry K

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    1. C'est exactement, on fait un choix, on ne doit pas être accaparée de force.

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