mardi 28 avril 2015

Chroniques du sexisme ordinaire, ou pourquoi j'en émasculerais volontiers certains avec un vieux coupe-chou rouillé

Aujourd’hui, en allant à la boulangerie, je suis tombée sur deux spécimens d’homo sapiens crétinus, dont la stupidité chevillée au corps m’a fait sortir de mes gonds. Retour sur les faits : un client va pour partir en oubliant sa carte bleue. La boulangère le hèle, le gars revient, la remercie, et Crétin n°1 embraye sur les femmes vénales, qu’il ne faut pas leur laisser une CB, etc… Je lève les yeux au ciel mais reste calme jusqu’à ce que Crétin n°2 surenchérisse avec une grosse blague : pourquoi les femmes se marient en blanc ? Parce que c’est la couleur qui va le mieux avec l’électroménager. Ha. Ha. Ha. Et le premier d'en remettre une couche quand la colère m’attrape d’un coup, je me retourne et leur dit que, vu qu’ils sont tous les deux habillés en noir, c’est sûrement la couleur qui se marie le mieux avec la connerie. Ils n’ont pas trouvé ça drôle, mais ça a au moins eu le mérite de les faire taire.
Ce n’est pas la première fois que j’assiste à ce genre de discussions qui volent super haut, loin de là, mais je crois que c’était celle de trop. Parce que ce n’est pas de l’humour, c’est du sexisme. Parce que la boulangère est obligée de faire semblant de trouver ça drôle vu qu’elle est commerçante et que ça foutrait mal d’envoyer chier les clients. Parce que si personne ne dit rien, ces deux abrutis vont continuer et transmettre ce mode de pensée trouvant ça tout à fait normal. Avant-hier, c’était un crétin qui pestait contre les femmes au volant (les statistiques des accidents de la route, je les lui fais bouffer par les trous de nez ou bien ?), la semaine dernière un crétin qui écoutait un gros rap élégant qui parlait « de te récurer le fœtus ». Et sur son lieu de travail, qui n’a jamais entendu un crétin de collègue masculin très fier de son travail affirmer « ça, c’est pas du boulot de gonzesse ! » (sous-entendu que les femmes bossent mal, que notre boulot reste un truc de sous-fifre ou que nous sommes des intermittentes du spectacles embauchées pour faire joli ? Chacun son interprétation...). Je passe aussi sur le jour où vous êtes énervée, pour un motif pourtant tout à fait légitime, et qu’on en déduit que c’est à coup sûr parce que vous avez vos règles que vous êtes de mauvaise humeur, pas la peine d’aller chercher plus loin et on ne vous prend pas au sérieux. Bien entendu, si vous vous permettez une remarque, au mieux on vous dit que c’est de l’humour, au pire on vous traite de chienne de garde (c’est devenu une insulte, oui oui) ou de mal baisée.
Alors, parfois, j’ai des petits moments de rébellion, quand la coupe est pleine, mais c’est comme se battre contre des moulins. Malgré l’évolution des mœurs, l’éducation, les lois, ce sexisme ordinaire perdure, le chemin est encore long…

6 commentaires:

  1. Je suis tellement contre le sexisme (voui, ze suis féministe en passant o/) et contre surtout ce sexisme ordinaire qu'on nous fait passer pour de l'humour et on nous dit de se détendre et péter un coup voyons parce qu'il y a pire dans la vie........ RAH.
    J'en ai également marre de toutes ses réflexions banales mais terriblement humiliante. Quand ça concerne le rapport à l'argent, le rapport au foyer, aux capacités des femmes, les relations amoureuses aussi (pas eu de mec ? vieille fille. trop eu de mecs ? pute), les enfants, et j'en passe. Les "t'es intelligente/forte/douée pour une FILLE", aussi.
    Je rejoins parfaitement ton coup de gueule ! Et j'ai trouvé ça génial que tu aies cloué le bec à ces deux zigotos.

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    1. Ah oui le "pour une fille" j'adore aussi ...

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  2. J'aurai aimé être là pour voir ça ! Je n'oserai jamais faire un truc pareil...

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    1. Plus jeune je n'aurais pas osé, mais maintenant si ^^

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