mardi 26 janvier 2016

Le Maître du Haut-Château, Philip K. Dick

Résumé :

1948, fin de la Seconde Guerre mondiale et capitulation des Alliés. Vingt ans plus tard. dans les Etats-Pacifiques d'Amérique sous domination nippone, la vie a repris son cours. L'occupant a apporté avec lui sa philosophie et son art de vivre. A San Francisco, le Yi King, ou Livre des mutations, est devenu un guide spirituel pour de nombreux Américains, tel Robert Chidan, ce petit négociant en objets de collection made in USA. Certains Japonais, comme M Tagomi, dénichent chez lui d'authentiques merveilles. D'ailleurs, que pourrait-il offrir à M Baynes, venu spécialement de Suède pour conclure un contrat commercial avec lui ? Seul le Yi King le sait. Tandis qu'un autre livre, qu'on s'échange sous le manteau, fait également beaucoup parler de lui : Le poids de la sauterelle raconte un monde où les Alliés. en 1945, auraient gagné la Seconde Guerre mondiale...



Avis :


Et si les Allemands et les Japonais avaient gagné la Seconde Guerre Mondiale ? Les États-Unis seraient pour moitié occupés par les Allemands et par les Japonais pour l’autre. Hitler serait toujours vivant, l’extermination des juifs serait toujours son obsession, la terreur serait partout. Dans la partie japonaise des États-Unis, l’occupation est peut-être moins abrupte, plus empreinte de l’esprit asiatique, mais tout aussi répressive. C’est dans cette réalité alternative, au début des années soixante, que s’ancre Le Maître du Haut-Château. On y croise un collectionneur, un antiquaire, un juif qui se cache, son ex-femme… Tous ces personnages ont des liens entre eux sans forcément se croiser à un moment. Mais un point commun les relie : Le poids de la sauterelle d’Abendsen (qui est activement recherché par les nazis pour ses idées subversives), un roman qui décrit le monde tel qu’il serait si les Alliés avaient gagné. Vous me suivez ? Le lecteur lit une uchronie dans laquelle les lecteurs lisent une uchronie qui ressemble à notre réalité, il y a de quoi avoir les fils qui se touchent. Et c’est en fait en cela que réside l’intérêt du roman, en observant les personnages par ce prisme, parce que, de prime abord, ils ne sont guère passionnants si on en reste au premier niveau de lecture. Philip K. Dick aborde de nombreux sujets comme la liberté, la conception de la réalité ou encore la manipulation, mais a une attitude un peu ambigüe vis-à-vis du nazisme qui m’a un peu gênée. Même si j’ai bien pris en compte que l’acceptation des théories d’Hitler était un point essentiel du monde uchronique qu’il dépeint, ce parti pris m’a quand même dérangée. Mais, à côté de ça, Le Maître du Haut-Château reste un roman exigeant et édifiant à partir du moment où le lecteur rentre dans le jeu de l’auteur. Sinon, j’ai bien peur que la lecture vous semble bien longue…


1 commentaire:

  1. J'ai adoré parce que justement, Dick nous aspire dans un vertige pourtant parfaitement élaboré, une forme de folie structurée dans laquelle on perd pied - et c'est une sensation délicieuse.

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